Susanne Rottenbacher, Lily Pond, © Swarovski Kristallwelten

Susanne Rottenbacher peint avec la lumière. Son installation “Lily Pond” vient d’être inaugurée au siège traditionnel de la maison Swarovski à Innsbrück. Une mer de lumière, des nénuphars, des cristaux et des pétales s’y étirent sur une quinzaine de mètres le long d’une paroi historique. Susanne Rottenbacher joue avec la complexité du lieu et fait fi des difficultés de terrain en y insufflant une énergie nouvelle: elle recrée et transforme l’espace de manière sensorielle, sensuelle et poétique.

La signature de cette artiste se lit tout particulièrement dans les textures. Susanne procure de la légèreté au plexiglas et aux films acryliques, ces matériaux artificiels qui ici devinent fluides et semblent couler tout naturellement. Les reflets, superpositions et jeux de couleurs qui en résultent nous offrent de nouvelles perspectives de découvertes et de surprises. On accède alors à un espace stimulant et inattendu qui captive notre regard.

Avec sa sculpture, cette artiste de la lumière fait partie d’une collection d’art publique exceptionnelle avec notamment Yayoi Kusama, Lee Bul, Keith Harring ou Niki de Saint Phalle. En compagnie de l’historienne de l’art et commissaire Barbara Green, la fondatrice et rédactrice en chef de Coeur et Art Esther Harrison, a rencontré l’artiste lors de son exposition sur le Tyrol.

Susanne Rottenbacher malt mit Licht. Ihre Installation LILY POND ist kürzlich im traditionsreichen Hauptsitz der Firma Swarowski in Innsbruck eröffnet worden. Über fünfzehn Meter erstreckt sich entlang einer historischen Wand ein Meer aus Licht, Seerosen, Kristallen und Blütenblättern.

Mit der Ihr eigenen souveränen, sinnlichen Handschrift und teilweise überraschend störrischen Schwung, ist es Susanne Rottenbacher gelungen, einen komplizierten Raum zu bespielen und artifiziellen Materialien wie Plexiglas und Acrylfolien eine Leichtfüßigkeit zu verleihen, die sich wie selbstverständlich in den Raum ergießt. Es gibt viel und immer wieder Neues zu entdecken; Spiegelungen, Überlagerungen, Reflexionen und Farbspiele eröffnen dem Betrachter einen visuell anregenden Raum, der durch seine unerwarteten Elemente das Auge festhält.

Mit Ihrer Skulptur ist die Lichtkünstlerin Teil einer herausragenden öffentlichen Kunstsammlung, die unter anderem Künstler*innen wie Yayoi Kusama, Lee Bul, Keith Harring oder Niki de Saint Phalle präsentiert. Gemeinsam mit der Kunsthistorikerin und Kuratorin Barbara Green traf Coeur et Art Gründer- und Chefredakteurin Esther Harrison die Künstlerin in Ihrer Tiroler Ausstellung.

Cultural Director Carla Rumler, Susanne Rottenbacher und Direktor der Kristallwelten Stefan Isser vor Lily Pond, © Swarovski Kristallwelten

Mit Deiner Installation Lily Pond hast du einen Seerosenteich mit Licht gemalt. Wie kam es zu diesem Motiv, wir hatten direkt die Assoziation zu Monet…

Der Name des historischen Ortes, das „Gasthaus Goldene Rose“ (bis 1985), war Inspirationsquelle für meinen Entwurf: ein Seerosenteich auf und entlang der großen langen Eingangswand im Kristallhaus Swarovski Innsbruck. Aus der verbindenden Wesensverwandschaft der Orte – der früheren Wirtschaft mit Sinnesfreuden und Verzehr für jedermann und im Miteinander – zum heutigen Kristallhaus – einem Ort der Verzauberung auf Zeit mit Kostbarkeiten und Bijous zugänglich für die breite Masse  – hat sich für mich der vormalige Name des Hauses und Ortes als Ausgangspunkt und Inspiration für den künstlerischen Entwurf ergeben.

Die Rose – hier in der Ausführung als Seerose – ausgewählt aufgrund ihrer magischen Schönheit und Entrücktheit – die Ruhe ausstrahlt und eine friedvolle, lichtvolle Atomsphäre verbreitet.

Pour ton installation Lily Pond, tu as peint un étang de nénuphars avec de la lumière. Comment ce motif t’est-il venu à l’esprit? Nous avons pensé à Monet …

Le nom ‘Goldene Rose Inn’ qui désigne ce lieu historique (utilisé jusqu’en 1985) inspira mon projet: un bassin de nénuphars le long du grand mur d’entrée de la Crystal House Swarovski à Innsbruck.

Pour moi, cette référence symbolise l’évolution de Crystal House –d’une économie autour de la sensualité et de la consommation pour tous, a ce lieu aujourd’hui qui nous enchante ponctuellement avec ses trésors et bijoux à la vue de tous. Voilà l’element déclencheur, à la source de mon travail.

La rose (ici sous forme de nénuphar) est choisie pour beauté magique et son côté extatique.

Elle dégage la tranquillité et propage une atmosphère paisible et lumineuse. Installé sur et devant le grand mur, ce paysage de nénuphars ‘Lily Pond’ est loin d’être superficiel car son histoire nous offre d’autres perspectives de lectures et d’interprétations: espace pictural tridimensionnel, il se fond dans la structure de mur existante et entre ainsi en contact avec ce tissu de construction centenaire.

Susanne Rottenbacher, Lily Pond, © Swarovski Kristallwelten

So legt sich die Installation „Lily Pond“, als Seerosenlandschaft auf und vor die große Wand und bleibt durch die historischen Vertiefungen und Öffnungen nicht auf die Oberfläche beschränkt, sondern öffnet sich als dreidimensionaler Bildraum, indem sie sich in die vorhandene Wandstruktur hineinflicht und so mit der jahrhundertalten Bausubstanz in Verbindung tritt.

Über die Spiegelungen in den Fensterflächen entstehen Reflexlandschaften ähnlich wie Wasseroberflächen mit Seerosen, die in ihrer Farbenpracht und ihrer kristallinen Beschaffenheit zwischen dem Hier und der Unendlichkeit strahlen.

Ähnlich den Seerosengemälden von Monet.

Funky Monet.

Les reflets sur les surfaces des fenêtres se miroitent comme des nénuphars sur des surfaces aquatiques, rayonnant entre l’ici et l’infini dans leur splendeur de couleurs et de textures cristallines.

Tendance Monet oblige.

Susanne Rottenbacher, Lily Pond, © Swarovski Kristallwelten

Wie lange hast Du an dieser anspruchsvollen Skulptur gearbeitet von der Idee bis zur tatsächlichen Installation; gab es besondere Herausforderungen vor allem auch in Hinsicht auf die Positionierung im Haus?

Wir haben seit Januar 2019 an der Skulptur gearbeitet, also ein dreiviertel Jahr.

Zum einen waren die explosiven Seerosenfiguren mit ihren weit und frei auskragenden Blütenblättern statisch eine Herausforderung.

Für das besonders leichtfüßige, kristalline Erscheinungsbild der Installation wie eine rasche Skizze vor der Wand haben wir uns für die Halterung der einzelnen Elemente mithilfe von 120 Wandstangen entschieden, die aufgrund der Unregelmäßigkeiten in der historischen Fassadenwand auch 120 unterschiedliche Längen der Wandhalter zur Folge hatte. Wir haben genaue Zeichnungen entwickelt, in denen jede einzelne Halterungen mit 3 Achsen (xyz-Achsen) im dreidimensionalen kartesischen Koordinatensystem eingemessen und gekennzeichnet waren. Das war komplex.

 

 

Depuis combien de temps travailles-tu sur cette sculpture, de l’idée à l’installation proprement dite? Vu sa sophistication, quels défis particuliers a-t-elle présenté, notamment en ce qui concerne son emplacement à la maison Crystal?

Nous avons travaillé les trois-quarts de l’année 2019 sur cette sculpture, depuis janvier.

D’une part, les nénuphars explosifs avec leurs pétales larges et en porte-à-faux présentaient un défi statique.

Quant à l’aspect cristallin et ultra-léger de l’installation, telle une esquisse rapide devant le mur, nous avons dû utilisé 120 barres murales pour fixer chaque élément, ce qui, en raison des irrégularités du mur de la façade historique, a requis 120 longueurs différentes de supports muraux. Nous avons développé des dessins précis afin que chacun des montages 3 axes (de type xyz) puisse être mesuré et intégré dans le système de coordonnées cartésien tridimensionnel. C’était complexe.

Susanne Rottenbacher, Lily Pond, © Swarovski Kristallwelten

Kam Dir Deine Ausbildung als Bühnenbildnerin zu Gute, um diese komplizierte „Raum-Schlucht“ zu bespielen?

Ich denke ja. Durch die Arbeit an der Bühne und aber auch für architektonische Großprojekte habe ich keine Angst vor großen Räumen. Ganz im Gegenteil.

Ich liebe große Räume.

Und ich denke, dass ich mich durch meine Ausbildung als Bühnenbildnerin vielleicht in besonderem Masse über den Gedanken der Inszenierung Räumen annähere.

Cet ‘espace-canyon’ avec sa structure en forme de gorge est exigeant d’un point de vue technique. Ta formation de scénographe t-a-t-elle aidée à le façonner?

Je pense que oui. Je n’ai pas peur des grands espaces.

Au contraire: j’aime leur immensité.

Mes projets en architecture et sur scène à grande échelle ont développé mon attirance pour les grands espaces. Je pense aussi que mon apprentissage de décoratrice me rapproche de l’idée mettre en scène ces espaces.

Susanne Rottenbacher, Lily Pond, © Swarovski Kristallwelten

Als Material verwendest Du vor allem Acryl und Folien welche von ihrer artifiziellen Beschaffenheit im ersten Augenblick konträr zur Natur, also auch zu dem Motiv der Seerosen gesehen werden könnten?

Die technische Arbeitsweise ist meine Handschrift, die ich gefunden habe, um mich adäquat zu äußern.

Mit industriellen Materialien kann ich mich ausdrücken.

Ich suche eine Art mechanische Tiefe im Material, die Lebendigkeit im Material – Durchsichten, Spiegelungen, Überlagerungen, Brüche, Farbschichtungen. Außerdem finde ich es interessant, wenn die ganze Technik in meinen Arbeiten dann eben doch eher zum sinnlichen Erlebnis wird, was man angesichts der technischen Materialien vielleicht erst einmal nicht vermuten würde. Es geht um die Auflösung der Dichotomie zwischen Technik und Atmosphäre.

Tu utilises notamment de l’acrylique et des films plastiques dans ton travail. Peut-on considérer ces matériaux artificiels comme contraires à la nature et donc au motif des nénuphars?

Ma méthode de travail est mon écriture, ma signature.

Mon mode d’expression le plus adéquat est la matière industrielle.

Je recherche une sorte de profondeur mécanique dans le matériau, une certaine vivacité: il s’agit de regarder à travers, de refléter, superposer, casser, colorer. Ma méthodologie et ma technique deviennent une expérience sensorielle que l’on ne soupçonnait peut-être pas au départ. Je vise à dissoudre la dichotomie entre technologie et atmosphère. Le matériau, même artificiel, se conjugue alors à la nature et donc à nos sens.

Susanne Rottenbacher, Sturm und Drang, 2019, Haus am Waldsee © Claus Rottenbacher
© Smail Kanouté/ Cie Vivons. “Les Actes du Désert”

Swarovski kooperiert, unter der Regie der Kuratorin Carla Rumler, bereits über ein Jahrzehnt mit renommierten Künstlern, wie Thomas Feurstein, Yayoi Kusama oder Lee Bul.

Wie war deine Reaktion auf die anderen Positionen im Haus, gab es ein Element, welches Dich als Lichtkünstlerin besonders angesprochen hat?

Tatsächlich sind die beiden Installationen „Into Lattice Sun“ von Lee Bul und der „Chandelier of Grief“ von Yayoi Kusama meine absoluten Lieblingsinstallationen.

Die verspiegelten Räume, in denen utopische Landschaften und Weiten entstehen die die Umgebung und den Besucher in die Setzungen mit hineinintegrieren und damit über sich selbst und seine Position innerhalb des Raumes reflektieren lassen, finde ich sowohl hochpoetisch als auch spannend.

Die Fliegenaugen von Thomas Feuerstein waren natürlich besonders interessant für mich, weil Feuerstein mit seiner Setzung den Raum quasi konträr zu meiner Installation nutzt in Form einer in sich geschlossenen, museal beeindruckenden, statischen Großinstallation vor einer geschlossenen, weißen Wand (white cube).

Swarovski, sous la direction de la commissaire Carla Rumler, collabore depuis plus de dix ans avec des artistes de renom tels que Feurstein, Yahoi ou Bul. Que penses-tu des autres propositions de la maison?

Y en a-til une qui t’a particulièrement intéressée en tant qu’artiste de la lumière?

En fait, les deux installations “Into Lattice Sun” (Lee Bul) et le “Chandelier of Grief” (Yayoi Kusama) sont mes installations préférées.

Ces espaces en miroir laissent apparaître des paysages et des étendues utopiques qui intègrent l’environnement et le visiteur dans ces terrains recréés: ils se reflètent sur eux-mêmes et sur leur position dans l’espace. La poésie visuelle qui en résulte me fascine.

Bien sûr, les yeux de mouche de Thomas Feuerstein m’intriguent aussi. Son approche de l’espace est quasiment contraire à la mienne: statique, imposante et autonome, devant un mur blanc fermé -un cube blanc.

Wunderkammer, Yayoi Kusama, Chandelier of Grief, © Swarovski Kristallwelten
Lee Bull, Into Lattice Sun, © Swarovski Kristallwelten

In meiner Setzung öffnet sich die historische Wand mithilfe der Spiegel in den geöffneten Fensternischen zum dreidimensionalen Bildraum und zu fließenden Reflexlandschaften, durch die sich meine Installation hindurchbewegt.

 

Hast Du eine persönliche Anekdote zu Swarovski?

Inspiriert durch die Idee Swarovski´s, daß man sich ja im Leben auch durchaus mal schmücken kann, habe ich mir dieses Jahr zu meinem 50. Geburtstag tatsächlich Ohrlöcher stechen lassen.

Als ich beim Juwelier anrief, um einen Termin zu vereinbaren, sagte die Verkäuferin, dass ich zwingend meine Mutter mitbringen müsste.

Ich fand das sehr süß und war dann aber doch ohne meine Mutter dort.

Dans mon installation, les miroirs dans les niches des fenêtres ouvertes permettent une ouverture du mur historique vers cet autre espace d’image tridimensionnelle. Mon installation se déplace à travers ces paysages-miroirs fluides et mouvants.

 

Avez-vous une anecdote personnelle sur Swarovski?

Inspirée par l’idée de Swarovski selon laquelle des bijoux ça et là font partie de ces petits plaisirs de la vie, je me suis fait percé les oreilles cette année pour mes 50 ans.

Lorsque j’ai appelé le bijoutier pour prendre rendez-vous, la vendeuse m’a dit que je devrais amener ma mère.

J’ai trouvé sa remarque très mignonne, j’y étais finalement sans ma mère.

Wo können wir Deine Lichtkunst als nächstes erleben?

Im Oktober 2019 in Berlin bei der Ausstellung „Museum of Now“, einer Gruppenausstellung der Berlin Art Society in Neukölln, Anfang November bei einer Einzelausstellung in der Galerie Jordanow in München und bei der diesjährigen PIN Auktion der Pinakothek der Moderne, bei der Ausstellung „Karl Cool“, einer Gruppenausstellung der Oetker Hotel Gruppe mit Eröffnung im Brenners Park Hotel am 20. November 2019 und einer Einzelausstellung im Kunsthaus Kloster Gravenhorst im Münsterland ab 1.12.2019.

Où est-ce que l’on pourra voir ton art de la lumière par la suite?

En octobre 2019 à Berlin, dans le cadre de “Museum of Now”, une exposition collective de la Berlin Art Society à Neukölln ; début novembre à la galerie Jordanow à Munich pour mon exposition personnelle, et à la vente aux enchères de  cette année -PIN de la Pinakothek der Moderne; à “Karl Cool”, une exposition collective du groupe hôtelier Oetker qui ouvrira ses portes au Brenners Park Hotel le 20 novembre 2019 ; enfin une exposition personnelle au Kunsthaus Kloster Gravenhorst à Münster à partir du 1er décembre 2019.

Susanne Rottenbacher, Lily Pond, © Swarovski Kristallwelten

 

Mehr über Susanne Rottenbacher hier, sowie über die Lichtskulptur: Lily Pond!

Photo Credits: Swarovski Kristallwelten & Claus Rottenbacher

Authors:  Barbara Green & Esther Harrison 

Translation: Alexandra Etienne