Marco Maria Zanin, credit: Maledetti Fotografi

The photography of Marco Maria Zanin evokes simplicity and silence.

His sparse and minimalist compositions avoid all detail to focus on the object itself and capture its silhouette, its outlines, its texture. The fishing tools are shot like sculptures on pedestals, they become totemic figures. Their aura is intriguing because part-dream part reality, projecting us somewhere introspective that’s so serene it seems otherworldly.

The alchemy underpinning these pieces transforms the ordinary into an ambiguity which blurs the line between poetry, painting and sculpture within the single frame of a photograph. It is an ode to the rural world that is described in shades of light and dark, in the grain of the wood and the fissures of the stone. Both palette and composition are pared down, their muted tones paint a zen-like atmosphere.

If these photographs could be sounds, then whispers that echo the ‘inner pulse’ of ruins, tools and debris from the Earth and the Sea. The eloquent beauty of these fragments speaks of the passing of time. This brings us back in tune with past traditions, with nature and therefore, with ourselves.

In this interview, Marco will tell us more about his work, his projects and what inspires him.

La photographie de Marco Maria Zanin est synonyme d’épure et de silence. Dans ses compositions dépouillées et minimalistes, seule compte l’essence de l’objet, son écho intérieur. Sublimé en sculpture sur un piédestal, l’outil de pêche devient un totem qui nous happe et porte toute notre attention sur lui seul: sa silhouette, ses contours, sa texture. 

L’aura qui s’en dégage est intrigante car elle nous projette à mi-chemin entre réel et rêve, dans un espace d’une beauté et d’une distance singulières. Cette ambiguïté est percutante. Elle interpelle nos sens parce qu’elle brouille les pistes et tisse des correspondences inédites à la manière d’un poème visuel.

C’est une ode au monde rural qui se ressent dans les jeux de clair-obscur, dans le grain du bois et les fissures de la pierre. Elle nous ramène au plus près de la terre, et donc de nous-mêmes.

Au fil de cette interview, Marco nous en dit plus sur son travail, ses projets et ce qui l’inspire.

© 2019 Spazio Nuovo. Photograph by Marco Maria Zanin. ‘Sintomo IV' (2017) from Ferite/Feritoie series. Fine art print on cotton paper
© 2019 Spazio Nuovo. Photograph by Marco Maria Zanin. 'Sintomo II' (2017) from Ferite/Feritoie series. Fine art print on cotton paper.

Which element best describes your personality and your work?

Earth and Air. Earth is the core of my work: each photograph reflects the wisdom of the rural world and how rural traditions are endowed with a sense of balance that is rare today.

If only this rural sensitivity to nature could rebalance our relationship with the planet…

Air reminds me of spirituality, sacredness and philosophy. The cultural horizons I depict in my photographs are linked to the earth and I would like them to be read in terms of their spiritual, sacred and philosophical appearance.

Vent, feu, eau, terre… si ton oeuvre ou ta personnalité étaient un élément, lequel choisirais-tu?

Terre et Air. La Terre est au cœur de mon travail: chaque photographie reflète la sagesse du monde rural et montre comment les traditions rurales sont dotées d’un sens de l’équilibre qui est rare aujourd’hui.

Si seulement cette sensibilité rurale à la nature pouvait rééquilibrer notre relation avec la planète…

Air me rappelle la spiritualité, le caractère sacré et la philosophie. Les horizons culturels que je dépeins dans mes photographies sont liés à la terre et je voudrais qu’ils soient lus à l’aune de leur apparence spirituelle, sacrée et philosophique.

© Photograph by Marco Maria Zanin. 'Covos' from Ritualia -Portugal-series (2016). Fine art print on cotton paper
© Photograph by Marco Maria Zanin. 'Figura Magico Religiosa' (2018) from Ritualia series. Silver gelatin print

Is there a particular person or situation that inspired you to become an artist?

I studied philosophy and international relations, not art. My career path began in a slightly informal way.
The person who inspired me to pursue art was Antonio Papisca, my professor when I graduated from the university of Padova, and a key figure in writing the international declarations for human rights.

He aspired for the so-called “Harmonia Mundi” chair, a degree course in which human sciences could be in dialogue with the arts to propose strategies for economic and social development.

Y a -t-il une oeuvre d’art ou une situation, un individu ou un lieu particulier qui t’a inspiré et/ou motivé à devenir artiste?

J’ai étudié la philosophie et les relations internationales, pas l’art. Mon parcours professionnel a débuté de manière un peu informelle. Antonio Papisca, mon professeur quand je suis sorti diplômé de l’université de Padoue, m’a poussé à poursuivre des études artistiques et a joué un rôle clé dans la rédaction des déclarations internationales des droits de l’homme.

Tout au long de sa carrière, il aspirait à la chaire dite “Harmonia Mundi”, un cursus dans lequel les sciences humaines pouvaient dialoguer avec les arts afin de proposer des stratégies de développement économique et social.

© Photograph by Marco Maria Zanin. 'Pesi' from Ritualia -Portugal- series (2016). Fine art print on cotton paper

Do you consider yourself spiritual and how does this feed into your work?

Yes, spirituality has always been important to me: growing up, my father taught me about the essential ‘search for truth’, and this idea manifests itself in my work as I seek what is sacred in nature, what is sacred in ideal forms which an artisan produces…

This sort of ‘upward tension’ is continuous.

I feel it relates to Pasolini’s thought that peasants’ way of life is holistically spiritual and therefore capable of countering the emptiness of modernity.

Dirais-tu que tu es spirituel? Dans quelle mesure la spiritualité nourrit-elle ton travail?

Oui, la spiritualité a toujours été importante pour moi: en grandissant, mon père m’a transmis l’essence d’une «recherche de la vérité», et cette idée de quête se manifeste dans mon travail lorsque je cherche ce qui est sacré dans la nature, ce qui est sacré dans les formes artisanales…

Cette sorte de «tension ascendante» est continue.

Je pense que cela rejoint la pensée de Pasolini selon laquelle la spiritualité absolue du monde rural est intégrale et constitue ainsi l’antidote au vide de la modernité.

 

 

© Photograph by Marco Maria Zanin. 'Lacuna I' (2015) from Lacuna e Equilibrio series. Fine art print on cotton paper
© 2019 Spazio Nuovo. Photograph by Marco Maria Zanin. 'Natura Morta II' (2015) from Lacuna e Equilibrio series. Fine art print on cotton paper

Is there a type of music and/or author in general that stimulates you?

I love Brazilian music. I spent several years in Brazil and learned Portuguese by translating the texts of Caetano Veloso, Gilberto Gil, Maria Bethania, Cartola and Paulinho da Viola.

When I was living there, Brazilian music helped me connect with the local culture and its distinctively open ‘life flow’ -different from the Italian classic mindset that’s deep- rooted in the past.

The FAAP (Fundacao Armando Alvarez Penteado) in Sao Paolo is where I had my first artist residency which I won with my written project on the song ‘Sampa’ by Caetano Veloso: I crossed the city embodying the figure of Benjamin’s flaneur who transformed himself just like Caetano in his song. This mutual resonance echoes a dialogue between Italian and Brazilian culture which I have maintained ever since.

Y a-t-il un type de musique, un livre ou un auteur qui te stimule?

J’aime la musique brésilienne. J’ai passé plusieurs années au Brésil et j’ai appris le portugais en traduisant les textes de Caetano Veloso, Gilberto Gil, Maria Bethania, Cartola et Paulinho da Viola.

Quand je vivais là-bas, la musique brésilienne m’a aidé à établir un lien avec la culture locale et son «flux de vie» distinctement ouvert, différent de la mentalité classique italienne profondément enracinée dans le passé.

La FAAP (Fundacao Armando Alvarez Penteado) de Sao Paulo a été ma première résidence d’artiste remportée avec mon projet écrit sur la chanson ‘Sampa’ de Caetano Veloso: j’ai traversé la ville en incarnant la figure du flâneur de Benjamin qui se transformait comme Caetano dans sa chanson. Cette résonance mutuelle fait écho à un dialogue entre la culture italienne et brésilienne que je maintiens depuis.

© 2019 Spazio Nuovo. Photograph by Marco Maria Zanin. ‘Mezzogiorno Locale Vero’ (2017) Fine art print on cotton paper

Can you tell us more about the meaning of rural environment/traditions/crafts in your series Sintomo, Natura Morta and the landscapes around the Veneto, how you chose to depict/express this?

The objects I photograph are generally tools used for rural work or other types of craft activities. In the series ‘Ferite/ Feritoie’ (Wounds/Loopholes), the carpenters’ designs become statues and totems. In Ritualia, tools for artisanal fishing off the Portuguese coast are turned into anthropomorphic shapes.

These objects are too peculiar to be just devices.

I rid them of any reference to their function by paring them down to their essence, their intrinsic value as symbols and archetypes. Made of scraps, they still have a hidden aesthetic which brings them back to life.

Peux-tu nous en dire plus sur la signification de l’environnement rural, des traditions et de l’artisanat dans tes séries ‘Sintomo’, ‘Natura Morta’ et les paysages de la Vénétie. Comment as-tu choisi d’exprimer cela?

Les objets que je photographie sont généralement des outils utilisés pour le travail rural ou d’autres types d’activités artisanales. Dans la série ‘Ferite / Feritoie’, les dessins des menuisiers deviennent des statues et des totems. Dans  ‘Ritualia’, les outils de pêche artisanale au large des côtes portugaises sont transformés en formes anthropomorphes.

Ces objets sont trop particuliers pour n’être que des appareils.

Je les ai débarrassés de toute référence à leur fonction en les réduisant à leur essence, leur valeur intrinsèque en tant que symboles et archétypes. Faits de restes, ils conservent une esthétique cachée qui les ramène à la vie.

© Photograph by Marco Maria Zanin. 'Agulhas' from Ritualia (Portugal) series. Fine art print on cotton paper

The debris from demolitions of buildings where the Italians lived in Sao Paolo are a nod to the painter Giorgio Morandi; and emblems of renewal, of sacred families.

The Veneto scenery in Italy is the starting point for all things tied to the earth. My first subjects were the rural houses in my region. They reflect my enquiry into the ‘earth’.

I use photography as a tool to highlight the land and to enhance how we read and perceive it.

Les débris de démolitions d’immeubles où vivaient les Italiens à Sao Paolo sont un clin d’œil au peintre Giorgio Morandi; et des emblèmes du renouveau des familles sacrées.

Le paysage de la Vénétie en Italie est le point de départ de tout ce qui est lié à la terre. Mes premiers sujets étaient les maisons rurales de ma région. Ils reflètent mon enquête sur la «terre».

J’utilise la photographie comme un outil pour revaloriser le paysage et aiguiser notre regard sur celui-ci.

© Photograph by Marco Maria Zanin. 'Padova 108' from Cattedrali Rurali  (Rural Cathedral) series (2014). Silver gela-tin print.

Please tell us what your are currently working on and what you are looking forward to this year in terms of exhibitions!

I recently returned from Portugal where I was invited to an insightful artistic residence called “Spring Encounters”. Held in a tiny village north of the Spanish border, this project brings together contemporary art with anthropology for a strategic study of rural contexts.

I was lucky because on the first day I met a craftsman in the only bar in the country who in his pastime made stunning masks and other objects.

These were not for sale, inspired by local traditions but absorbing pop influences from magazines or TV. I gathered all his pieces, including those he had given to the people of the town, and photographed everything. There are about 200 objects which I would like to use as the basis for a large polyptych.

Regarding my own projects, in September 2019 I will have a show at UNSEEN in Amsterdam and in November at Paris Photo in the Prisme section – both with the Spazio Nuovo gallery from Rome.

Peux-tu nous dire quel est ton projet de travail en cours et quelle(s) exposition(s) tu as l’intention de voir prochainement?

Je viens de rentrer du Portugal où j’ai été invité à une résidence artistique inspirante appelée “Spring Encounters“. Tenu dans un petit village au nord de la frontière espagnole, ce projet associe l’art contemporain à l’anthropologie pour une étude stratégique des contextes ruraux.

J’ai eu de la chance. Le premier jour, j’ai rencontré dans le seul bar du pays un artisan qui fabriquait des masques et autres objets magnifiques, non à la vente, inspirés par les traditions locales mais absorbant les influences pop de magazines ou de télévisions.

Des pièces, y compris celles qu’il a données aux habitants de la ville, et il a tout photographié : il y a environ 200 objets que je voudrais utiliser comme base pour un grand polyptique.

En ce qui concerne mes propres projets, j’exposerai en septembre 2019 à l’UNSEEN et en novembre à Paris Photo dans la section Prisme, à la fois avec la galerie Spazio Nuovo de Rome.

© Photograph by Marco Maria Zanin. 'Figure Femminile e Maschile' (2018) from Ritualia series. Silver gelatin print
© Photograph by Marco Maria Zanin. 'Maschera I'(2018) from Ritualia series. Silver gelatin print.
© Photograph by Marco Maria Zanin. 'Maschera II' (2018) from Ritualia series. Silver gelatin print

ABOUT MARCO MARIA ZANIN

Marco Maria Zanin was born in Padua (Italy) in 1983.
He first took a degree in Literature and Philosophy, and then in International Relations, obtaining a Master’s degree in Psychology. At the same time he developed his artistic career, and travelled widely in different parts of the world, putting into practice the “displacement” so essential for a critical analysis of social contexts, and to fuel his research aimed at identifying the common spaces of the human community.
Myth and archetype as the submerged matrices of modern behaviour are the focus of his investigation, which is based on observation of the relationship between man, territory and time.
Lives and works between Padua and São Paulo, Brazil.

Check out his latest projects on his website.

 

Header Photo: © 2019 Spazio Nuovo. Photograph by Marco Maria Zanin. ‘Natura Morta III’ (2015) from Lacuna e Equilibrio series. Fine art print on cotton paper

Author: Alexandra Etienne